1 mois sans maquillage ni miroir : quand notre cerveau agit sur l'état de notre peau (et vice versa)

25 juin 2019

La vie est pleine d'ironie. Le 7 novembre 2012, je publiais sur le blog un billet intitulé "Pourquoi moi, Lucie, 26 ans, je ne pourrais jamais faire le régime du miroir" dans lequel je réagissais (avec beaucoup de second degré et un peu de naïveté je le reconnais) à un article que j'avais lu dans un magazine féminin. Dans celui-ci, j'apprenais qu'une blogueuse américaine de 29 ans — Kjerstin Gruys — avait tenté l'expérience du "mirror fasting" (le "régime du miroir" en français) pendant une année, pratique consistant à éviter de se regarder dans un miroir pendant une durée déterminée. Le but de la chose ? Se détacher de son image pour "se reconnecter à soi, booster sa confiance et accorder plus d'attention aux autres" (sic). À l'époque, j'avais ri (jaune), me demandant comment on pouvait en venir à ce genre d'extrémité pour être en paix avec soi-même.


8 ans plus tard, je mange mon chapeau. Sans l'avoir prémédité ni même concrètement décidé, j'ai, pendant près de 4 semaines, fait une pause avec mon reflet dans le miroir. Je ne me suis pourtant pas levée un matin en me disant : "Aller, à partir d'aujourd'hui, interdiction de te regarder dans le miroir ma vieille !". En fait, les choses se sont passées plus naturellement. À cette période, j'avais décidé de faire une pause de plusieurs semaines avec le blog pour souffler un peu et me recentrer sur ma petite famille. À chaque fois que je fais cela, j'en profite pour prendre mes distances avec tout ce qui est makeup et compagnie (pour le bien de ma rosacée notamment). Je laisse aussi un peu de côté les sacro-saintes routines de soins qui n'en finissent pas et qui, bien souvent, vont au-devant des véritables besoins de ma peau. Une chose en amenant une autre, j'ai progressivement lâché du lest. J'ai plus ou moins volontairement arrêté de me focaliser sur mon apparence et ça a finalement duré près d'1 mois.

Car le truc quand on est blogueuse beauté (ou plus généralement influenceuse), c'est qu'on s'expose quasi-quotidiennement au travers de ses publications (photos, vidéos, stories sur Instagram) et cette pratique pas du tout naturelle n'est absolument pas sans conséquences. Pour ma part, au fil des années, j'ai de façon plus ou moins consciente surinvesti mon apparence physique parce que mon loisir (= bloguer) s'est au fil du temps transformé en un véritable "métier d'image", métier où l'on est constamment incité à se photographier, à se mettre en scène, à se montrer et ce de la façon la plus impeccable et la plus professionnelle possible, quelles que soient les circonstances.

C'est une chose avec laquelle j'ai, aujourd'hui encore, beaucoup de mal (ma prise de distance avec Instagram n'est d'ailleurs pas étrangère à cela). Disons que quand j'ai commencé à bloguer, je n'ai pas "signé pour ça". On prenait nos photos "à la one again" avec les moyens du bord, ce n'était pas toujours très réussi ni flatteur, mais c'était ce côté girl next door en qui on pouvait facilement s'identifier qui faisait tout le charme du "phénomène blogueuse beauté". Désormais, j'ai la sensation que nous les influenceuses, nous nous devons d'être parfaites en permanence. Aussi bien pour se démarquer et avoir du travail (être reconnues par les marques) que pour plaire à des lecteurs/consommateurs de contenus de plus en plus exigeants (et ainsi être reconnues par les marques ;). On doit savoir tout faire — se maquiller, se coiffer, se manucurer, se photographier, écrire, coder son blog, monter une vidéo — le faire bien, et au goût de tous sous peine de : 1° se sentir merdique par rapport aux grandes influenceuses ; 2° se prendre des remarques plutôt blessantes sur son travail et/ou son physique sous couvert de "liberté d'expression" et de "si t'es pas contente, t'as qu'à pas t'exposer".

La pression. J'ai commencé à véritablement la ressentir peu avant l'apparition de ma rosacée. À l'époque, le blog marchait très bien et je voulais rendre la pareille en publiant plus, plus vite et mieux. Je passais des après-midis entiers à me photographier pour mes revues avant de consacrer mes soirées à éditer par dizaines — pour ne pas dire "par centaines" — les dites photos. Par la force des choses, je me regardais sans cesse, me découvrant dans les moindres détails sur l'écran de mon ordinateur comme si je me voyais réellement pour la première fois de ma vie. De là sont nés des complexes, des choses que je n'aurais certainement jamais relevées en me regardant simplement dans le miroir de ma salle de bain. À force de me voir, j'ai commencé à passer mon apparence au peigne fin, à me scruter dans les moindres détails. Mes paupières que je trouvais de plus en plus tombantes ; mes ridules du contour de l'oeil que je trouvais nombreuses et marquées ; mes dents encore plus horribles que je ne l'imaginais en vrai ; mes cernes irrémédiablement creux ; la dissymétrie de mon visage (la blague !) ; mes sourcils mal épilés... Tout y passait, sauf la bienveillance.

Et puis la rosacée s'en est mêlée et de là, j'ai perdu tout contrôle sur mon apparence physique, ce qui m'a rendu — littéralement — malade (comme beaucoup d'autres personnes atteintes par une maladie de peau).

Je vous parle de tout cela car j'ai moi aussi regardé la vidéo de Marie, celle dans laquelle elle nous parle de son combat contre l'acné. Et, de façon étonnante, je m'y suis beaucoup retrouvée. Bien que mon parcours ne soit pas tout à fait similaire au sien, je me suis tout de même surprise à ressentir un énorme soulagement en l'écoutant parce que je me suis dit que je n'étais pas seule. Pas seule à en baver sur le plan esthétique ; pas seule — en tant qu'influenceuse — à craindre d'être jugée sur ma peau et mes (choix de) routines de soins ; pas seule à craindre le sentiment d'imposture (du genre : "La fille elle nous donne des conseils beauté alors qu'elle a une peau dégueulasse !"). Aussi, Marie a mis le doigt sur un point essentiel, point que je voulais aborder plus en détail sur le blog depuis belle lurette : l'impact prépondérant de la psychologie sur l'état de santé de la peau et, plus généralement, l'importance du lien peau-cerveau dans la gestion d'une pathologie dermatologique.


Ce n'est une surprise pour personne si je vous dis que je suis quelqu'un de très cérébral, d'anxieux et de profondément émotif. Aussi, entendre et lire que le système nerveux influe directement sur l'état de la peau n'a rien de farfelu pour moi parce que je sais à quel point nos états émotionnels peuvent nous mener par le bout du nez. D'ailleurs, je suis persuadée depuis très longtemps que ma rosacée n'est pas apparue par hasard. Outre mes prédispositions génétiques certaines (peau claire, yeux clairs, tendance à rougir à la moindre émotion, hérédité), je suis convaincue que le choc lié à la demande en mariage de Monsieur BG (ma rosacée est apparue pile 1 mois après) combiné au surinvestissement de mon apparence physique que je m'infligeais alors "à cause" du blog ont fait l'effet d'une petite bombe et ont tout déclenché. Aussi, ma rechute actuelle (après 3 années de tranquillité) a selon moi un lien direct avec un fort choc émotionnel que j'ai eu à gérer en décembre dernier.

Quelque-part, j'ai toujours su qu'il existait un lien entre notre cerveau et notre peau et je trouve d'ailleurs la chose extrêmement passionnante. Mais, pour tout vous dire, avant de me pencher véritablement sur le sujet en préparant cet article, je ne savais pas qu'il existait des termes spécifiques pour en parler alors qu'en réalité, cela fait une éternité que les bases de la pshychodermatologie ont été posées. Je n'en avais pourtant jamais entendu parler jusque-là. D'ailleurs, aucun des dermatologues que j'ai été amenée à consulter ces 10 dernières années ne s'est véritablement penché sur la dimension psychologique de ma pathologie et je n'ai, de moi-même, jamais mis le sujet sur la table par peur d'être prise pour une folle. Pourtant, cela fait belle lurette que j'ai remarqué qu'une grande partie de ma rosacée et de sa propension à se manifester de façon plus ou moins forte se jouait dans ma tête.

Et cela s'explique biologiquement. La peau et le système nerveux proviennent en fait du même tissu embryonnaire — l'ectoderme — et même si, plus tard, ces 2 systèmes se dissocient, ils n'en conservent pas moins des liens étroits. Les cellules cutanées ont des récepteurs pour les neuromédiateurs provenant du système nerveux, mais en plus, ces mêmes cellules cutanées peuvent elles-mêmes produire des neuromédiateurs et agir sur le système nerveux. La sérotonine est d'ailleurs l'un de ces neurotransmetteurs communs. Voilà pourquoi nous lisons si souvent que le stress, les troubles du sommeil ou encore la dépression impactent directement l'état de notre peau. Dans ces situations, la sécrétion des neuromédiateurs communs est perturbée, ce qui a de grandes chances de déclencher des processus cutanés comme la vasodilatation, l'inflammation, l'hypersébhorrée ou encore les troubles de la pigmentation. Youpi !!

En ce sens, reconnaître un lien direct entre un deuil et une perte anormale des cheveux (ou même une canitie) n'a plus rien d'aberrant puisqu'il est communément admis que les neuromédiateurs agissent sur les cellules en induisant (mais aussi en guérissant !) une maladie cutanée. Comme je l'ai dit plus haut, l'étude de ces liens entre la peau et le cerveau porte le nom de psychodermatologie. Dans le cadre de cette spécialité, les professionnels de santé s'efforcent d'établir un lien plus ou moins direct entre nos émotions et nos problèmes cutanés pour pouvoir mieux les comprendre et donc ainsi mieux les prendre en charge. On dépasse ici le stade de la psychosomatique où le médecin nous sert (à juste titre) du "C'est psychologique madame !" à tour de bras sans daigner chercher plus loin. En psychodermatologie, un psoriasis peut être directement relié à une "colère rentrée" quand un eczéma peut, lui, témoigner d'une angoisse sous-jacente. Aussi, l'acné serait littéralement la cicatrice visible d'un deuil mal vécu. Selon Danièle Pomey-Rey, pionnière du rapprochement entre la dermatologie et la psychologie et Psychanalyste de renom, 80 % des maladies de peau ont une origine psychologique : "Celui qui en est atteint est quelqu’un qui a beaucoup de choses à dire, mais qui n’y parvient pas. Il parle alors avec sa peau."

En ce qui me concerne, cela fait des années que j'écris noir sur blanc sur ce blog qu'avec la rosacée, la meilleure chose à faire c'est de lâcher prise avec la maladie parce que, finalement, le problème est en partie "ailleurs". Et ça prend ici tout son sens. Loin de moi l'idée de me donner des airs "mystiques" ou de culpabiliser celles et ceux qui n'arrivent tout simplement pas à déconnecter (je serais d'ailleurs extrêmement mal placée pour cela ! ;). Mais je suis comme Bernard Canetti, fondateur de Comme J'aime (mouahahah !! ;), "je suis tellement sûre" de la puissance de ce lien peau-cerveau ; "je suis tellement sûre" du fait que notre cerveau joue un rôle prépondérant dans la manifestation de la maladie, que j'en viens à me dire qu'on peut tout aussi bien utiliser les pouvoirs extraordinaires de celui-ci à bon escient en établissant ou en rétablissant un terrain propice à la "guérison" (en plus des traitements médicamenteux traditionnels) grâce, évidemment, à un suivi psychologique mais aussi en lâchant prise pour de vrai.

Et vous l'avez compris, pour moi, lâcher prise revient littéralement à lâcher mon miroir.


Quand on a une maladie de peau, la confiance en soi en prend systématiquement un coup. De base, je ne suis pas la nana la plus "self-confident" de la Terre mais quand ma rosacée s'est déclarée (aussi et sûrement en partie à cause de cela — c'est le serpent qui se mord la queue : les timides qui n'ont pas confiance en eux rougissent, pas vrai ?), ça a été la dégringolade. J'ai dû faire un long travail sur moi-même (je vous en parlais ici et ) pour accepter la maladie et ainsi mieux la vivre.

Aussi, et bien au-delà du regard des autres, j'ai eu à gérer l'incompréhension et la solitude qui en découlent. Quand son propre visage est touché par une pathologie dermatologique, on vit avec un miroir déformant H24 parce qu'on vit les choses de l'intérieur. On doit faire face à une nouvelle image, une "image de sensations" qui se façonne au gré de nos émotions (négatives en l'occurrence). Déjà qu'en temps normal on ne se voit jamais comme on est réellement, inutile de vous dire que quand on a l'impression d'être défigurée par un problème de peau, on en est intimement convaincu — et ce, même si c'est loin d'être le cas dans les faits. Je me souviens d'un rendez-vous chez mon généraliste durant lequel j'ai éclaté en sanglots, lui expliquant que je n'en pouvais plus. Évidemment, celui-ci m'a demandé pourquoi. Mon premier réflex aurait été de lui répondre : "Mais Docteur... Vous avez vu mon visage ?". Au lieu de cela, j'ai lâché un laconique : "Je me sens défigurée.", parce que je le pensais sincèrement. Mon médecin en est alors resté comme 2 ronds de flan parce qu'il n'avait pas envisagé une seule seconde qu'un mal-être si profond puisse venir d'un truc si peu perceptible à ses yeux.

L'image que nous avons de nous-même est modelée par tout un tas de choses : nos émotions, notre humeur, nos ressentis et nos projections fantasmées. Quand on n'a pas le moral, on se trouve moche, alors qu'on n'est pas plus moche qu'hier où tout allait très bien. Au-delà du fait que nous ne nous voyons pas tels que nous sommes mais plutôt "tels que nous avons été aimés quand nous étions petits" (selon les psy — encore un truc à creuser ;), la perception que nous avons de nous-même à un instant t résulte également des sensations que nous ressentons en cet instant t. Et croyez-moi, quand vous sentez que votre peau chauffe, brûle, gonfle, picote, gratte et tiraille des heures durant, vous vous voyez incontestablement défiguré dans votre miroir, même si ce n'est pas si horrible que cela dans les faits, esthétiquement parlant du moins.

C'est aussi en partie pour cette raison que j'ai naturellement pris mes distances avec mon miroir quand j'ai fait ma pause "bloguesque" d'1 mois. Ne pouvant plus blairer mon reflet (ma vision personnelle déformant la réalité par le prisme du combo émotions/sensations) et ayant remarqué que plus je me regardais dans un miroir pour scruter ma rosacée, plus cela amplifiait les symptômes de celle-ci, j'ai fait de la pause de blog (et donc de l'absence d'"obligations de représentation") un prétexte pour me désinvestir totalement de mon apparence et consacrer mon temps de cerveau disponible et mon énergie à tout autre chose. Bien sûr, le but du truc n'était pas de tomber dans l'extrême et d'éviter toute surface réfléchissante pour faire l'autruche (ce que je trouve absolument contre-productif question acceptation de soi). Je me regardais donc toujours dans le miroir chaque matin et chaque soir, ne serait-ce que pendant que je faisais ma toilette ou quand je me brossais les dents (histoire de ne pas emmener ma fille à l'école coiffée comme un as de pique par exemple ;). En revanche, j'ai peu à peu arrêté de me scruter sous tous les angles pour faire l'"inventaire", de compter le nombre de papules que j'avais sur mon visage le soir ou de checker l'intensité de mes rougeurs à la moindre occasion en cours de journée (ce que je faisais habituellement).


Le flou total dans lequel m'a peu à peu plongé l'incertitude liée à mon apparence physique m'a étonnamment soulagée. Pour la première fois depuis des mois, je ne savais plus si j'étais (physiquement) rouge, combien j'avais de boutons sur les joues et à quoi je ressemblais précisément. Ma peau n'était plus en permanence au centre de mon attention et, de façon logique, comme j'ai commencé à l'oublier, elle a commencé à se faire oublier en ne rougissant plus pour un oui ou pour un non. Je me suis amusée à détricoter ce lien "cerveau-peau/peau-cerveau" et, côté moral, les choses se sont considérablement améliorées sans même que je m'en rende compte. Je m'imaginais physiquement bien puisque ma rosacée était en sourdine et de brefs coups d'oeil dans le miroir me confirmaient logiquement cette impression. Du coup, je ne me posais plus du tout de questions.

L'effet boule de neige a tellement été bluffant qu'au bout de 2 semaines et des brouettes je me suis sentie comme "guérie", ma peau étant "anormalement redevenue normale". Tout simplement parce que je la traitais — mentalement — de façon normale. L'absence de maquillage m'a aussi fait beaucoup de bien. Outre le fait que je n'infligeais pas quotidiennement le rituel maquillage/démaquillage et son lot d'agressions mécaniques et chimiques à ma peau, je pense que psychologiquement, le fait de ne pas vouloir la cacher à tout prix durant cette période a aidé à l'apaiser d'une certaine façon. Et cela rejoint parfaitement ce que je vous avais déjà écrit dans cet article datant de 2017.

Aujourd'hui, cela fait près de 2 mois que j'ai repris le blog, le maquillage et les photos, et j'essaye de ne pas (trop) revenir à mes anciennes (mauvaises) habitudes. Je ne cours plus sur le premier miroir venu pour voir comment est ma peau quand je sens que je suis en crise. Ma rosacée est pourtant toujours là et elle se manifeste plus ou moins fort selon mon anxiété du moment. J'ai remarqué que quand j'écrivais un billet au sujet de celle-ci pour le blog, ma peau avait tendance à rougir de façon incroyable, comme si elle savait que je parlais d'elle (ce qui est en fait le cas — les fameux neurotransmetteurs, tout ça... :). En ce moment par exemple, je me sens rouge comme une tomate parce que je rédige cet article. L'envie de me regarder dans un miroir est du coup très forte. Pourtant, je résiste, je prends sur moi. Ce n'est certes pas toujours très naturel mais ça ne l'est pas moins que de se regarder toutes les 15 minutes pour voir dans quel état est sa peau. En fait, je me dis : "À quoi bon ?". Que vais-je voir dans ce satané miroir si ce n'est un reflet déformé de moi-même ? Et surtout, qu'est-ce que cela va m'apporter de me regarder une énième fois si ce n'est des émotions potentiellement négatives qui, au final, vont encore impacter l'état de ma peau ?

À l'issue de cette expérience, et alors que cela fait maintenant près de 7 ans que ma rosacée s'est déclarée, j'ai pris conscience que je me faisais encore beaucoup de mal, en ne m'épargnant rien, en m'enfonçant toute seule même, à force de vouloir tout contrôler de mon reflet. Le miroir et ce que j'y vois, j'apprends aujourd'hui encore à le dompter, à le gérer de façon plus intelligente, plus positive et donc plus bénéfique. Je m'efforce de me déconnecter de ma peau au maximum, comme tout le monde est censé l'être finalement, même si ce n'est pas simple quand on se photographie plusieurs fois par semaine et qu'on parle cosmétiques quasiment toute la journée. J'essaye aussi de me regarder de façon différente, comme s'il ne s'agissait pas de moi mais d'une copine ou de ma soeur, à qui je dirais probablement : "Mais tu rigoles ? Tes boutons et tes rougeurs se voient à peine !". Oui, c'est un peu débile dit comme ça mais ça ne coule pas toujours de source quand on est en galère avec son apparence, surtout dans une société où tout vous ramène à l'esthétique et à la quête de la perfection (pourtant vaine et utopique), sans parler des préjugés qui ont la peau dure (peau dégueulasse = mauvaise hygiène de vie). Sur le plan psychologique, j'ai encore beaucoup de boulot, ma peau l'exprime assez bien à ma place. Mais le fait d'en avoir pris conscience, d'avoir réalisé pour de vrai que ma rosacée n'était pas qu'une simple histoire de démodex et d'inflammation cutanée à traiter à coups de crèmes médicamenteuses et de séances de laser, ça m'a étonnamment soulagée et finalement donné beaucoup d'espoir pour la suite.


Sources

10 commentaires

  1. Super, merci pour cet article ! Le cerveau est magique ;) par contre mes yeux de vieille bique ont du mal à lire la police malgré le zoom à 130... la vieillesse quoi ! merci encore j'adore ce que tu fais depuis plusieurs années, continue a faire "comme ça te vient" moi aussi j'ai commencé à me prendre le chou avec l'absurdité de poster sans cesse et ça fou un stress monstrueux ! La santé c'est le principal !

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  2. Alors là... Merci ! Merci de nous avoir partagé ton article si soigneusement rédigé. Il est clair que ça fait réfléchir ! Ça m'a donné envie d'en savoir un peu plus sur cet aspect psychologique. Je vais essayer de faire comme toi, oublier le miroir.

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  3. Coucou Lucie !
    J'espère que tu vas bien ? :) Je ne sais que dire par cet article tellement j'en suis chamboulée et crois-moi c'est bien le cas. Toutefois, je reconnais être soulagée. Soulagée parce que je vis la même chose depuis que j'ai intégré la fac et je vois que je ne suis pas la seule à être dans cette situation là. Tout comme toi je suis de nature très anxieuse et très émotive et tu dois bien savoir à quel point ça n'est pas évident à gérer. J'ai la peau très sensible, réactive et elle devient rouge très rapidement. Depuis que j'ai commencé à avoir de belles crises d'anxiété (notamment depuis mes études supérieures) ma peau a véritablement changé : acné, boutons noirs et blancs, mycrokyste et je perdais même mes cheveux. Avec la fac de droit où les nanas étaient toutes pimpantes, je me suis sentie mal dans ma peau pendant un long moment. Je me sentais à part, pas à ma place alors que j'aimais mes études. J'ai mis plusieurs années pour essayer d'arranger les choses, prendre du recul et finalement les conséquences sont toujours là... Bien que mes études soient terminées, le stress persiste (recherche d'emploi, premier emploi, insertion sur le marché du travail) avec le stress du quotidien (notamment celui du travail) et ça n'en finit pas. Si bien que se sont déclenchés d'autres symptômes : terreur nocturnes, quelques plaques d'eczema sur la main droite (et pas la gauche ce qui est bien chelou)qui apparaissent par période et petits boutons minuscules sur le dessus de mes mains. Ma peau d'autant plus sensible devient inconfortable et mes cheveux eux, continuent toujours à tomber.
    Je t'applaudis pour le travail que tu as fait sur toi-même et le lien que tu as pu distendre avec le miroir, ça n'est pas un exercice facile et il semble que tu t'en sois bien sortie ! Tout le mérite est pour toi :) Moi je t'avoue que je ne serai pas capable de le faire et je suis certaine que pourtant ça me ferait du bien. Quoi qu'il en soit, je vais tâcher de faire des efforts de ce côté-là :)

    Encore merci pour cet article qui fait réfléchir :)

    Gros bisous Lucie !

    Nina

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  4. Superbe article encore une fois, documenté, saisissant, à méditer!

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  5. Ton article sur ta relation cerveau-peau et miroir est captivant de bout en bout . Quelle belle réflexion de ta part sur ce phénomène que sont les maladies de peau en général et l'acné rosacée en particulier . Pour ma part je pense la même chose que toi , notre cerveau est capable du meilleur comme du pire car il est souvent acteur des causes mais effectivement comme tu le dis à la fin de ton l'article , il est capable d'apporter les solutions et donc de nous redonner de l'espoir .Voilà , comme dirait un manager sportif , tout est dans le mental . Bravo à toi pour ce récit très enrichissant .

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  6. Wow merci !!
    Je ne compte pas le nombre de fois où je suis allée chez des généralistes ou des dermato pour mon eczéma (que j'ai depuis toute petite, yes !) et qu'on m'a sorti des indications toutes plus contradictoires les unes que les autres : arrêter la crème hydratante, mettre plus de crème hydratante, utiliser telle crème et pas telle autre, mais non telle autre est beaucoup mieux voyons ! Bref ... Tous les hivers (surtout, mais pas que) c'est un cauchemar car j'ai les bras et les mains pleines de plaques sèches, rouges, qui démangent jusqu'à ce que je me sois grattée à sang (et après ça fait juste très mal, sans surprise). Je n'ai pas d'eczéma que sur les bras et les mains mais ce sont vraiment les parties qui se voient le plus et qui me gênent. Je me suis surprise à regarder les mains des gens dans le métro par exemple et à développer un gros complexe par rapport à ça alors que si j'arrêtais tout simplement de me gratter et si je mettais la crème à la cortisone qu'on m'a prescrite, eh bien je n'aurais pas ce problème. C'est en partie vrai bien sûr mais comme tu le soulignes, ce n'est pas aussi facile puisque c'est quelque chose que je fais pendant la nuit ou sans même m'en rendre compte, à cause du stress et de l'angoisse quotidienne.

    Maintenant que ça va un peu mieux dans ma vie (sans grand changement en fait, c'est juste psychologique pour le coup), je n'ai plus d'eczéma. Mais je sais qu'elle reviendra à chaque fois que j'aurai une période de stress prolongée et c'est assez horrible de savoir qu'on ne peut pas vraiment s'en débarrasser !

    En tout cas merci pour cet article car j'ai l'impression que peu de gens me croient quand je dis qu'une condition psychologique peut agir sur les maladies de peau, c'est assez frustrant, surtout lorsque ces personnes n'en ont jamais eu .. x)

    Courage à toi pour continuer sur cette bonne lancée ! :)

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  7. Bonjour,
    Un article très inspirant.
    J'ai de l'acné adulte depuis 2012 à cause de mon syndrome des ovaires polykystiques. J'ai suivi un traitement et il me reste une acné très très légère. Cependant j'ai remarqué que j'avais moins de souci de peau dès que dans ma vie j'avais moins de stress ou de souci. C'est assez dingue. En tout cas, excellent article que je mets dans mes favoris.
    Bises et mon week end.

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  8. Chapeau bas, cet article t'aura pris du temps, et de la réflexion !
    Il est vrai que l'on parle souvent du lien alimentation/peau j'ai l'impression : comme sur Glamour où ils ont fait paraître une série d'articles assez nuls (dans le sens pas fouillés et donc bâclés à mon sens) "elle arrête le café et voit sa peau changer" "elle arrête le sucre et..."
    Et on néglige le psychisme que l'on expédie rapidement à base de "tu somatises". On ne l'explique pas réellement comme tu viens de le faire.
    C’est "marrant" car justement mon petit dernier (11 ans quand même) ne voulait pas aller à l'école en short hier. J'ai attendu et discuté tranquillement avec lui pour qu'il exprime le motif réel car la veille il était invité à un anniversaire et il était en short ! Il a fini par me dire qu'il ne voulait pas montrer ses jambes car il a une peu de croco et beaucoup mais alors beaucoup de cicatrices de bobos (je ne sais pas comment il fait pour en avoir autant ! je croyais que son frère aîné en avait pas mal mais il bat des records d'égratignures).
    Je lui ai proposé pour résoudre le problème de peau de croco qu'il mette de la crème, et je lui ai expliqué que les autres ne voyaient pas ce qu'il voyait lui. Il a réfléchi un peu et puis il est allé mettre de la crème et est revenu enfiler son short :-D
    Ça paraît long écrit comme ça mais ça nous a pris 5 minutes !
    Bref, bravo pour cet article si bien écrit.

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  9. Coucou Lucie

    Que dire à part que j'ai été très touché de lire ces lignes, cela fait du bien de lire cela. je trouve en effet que l'image a pris une part trop importante dans nos vies. Avant on faisait moins attention à notre apparence, les photos étaient plus spontanées. À présent on va faire 50 photos, pour au final n'en choisir qu'une ou deux. Bien sûr on ne sera encore pas totalement satisfait, car on va voir ce petit détail qui va nous obséder. Alors oui je crois totalement que notre cerveau peut avoir un impact sur notre peau. Comme quoi cela fait du bien de prendre du recul et de détacher parfois de ces choses futiles qui nous empoissent la vie.

    Bises

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  10. Hello Lucie,

    Je me retrouve totalement dans ton article. Le cerveau a un lien certain avec notre état général, y compris notre peau.
    Comme toi, j'ai de la rosacée ; j'ai été diagnostiquée il y a quelques mois, même si en mettant bout à bout tout l'historique de ma peau, c'était couru d'avance (peau super claire, parents d'origine nordiques tous deux atteints de rosacée, rougeurs sur les joues depuis ma naissance).
    Ce qui a été le plus dur, c'est que depuis mon adolescence, j'ai énormément de compliments sur ma peau. Je n'ai jamais eu d'acné, de cernes, avec une peau porcelaine et des joues rosées naturellement. Du coup, j'ai totalement intégré ces compliments, comme si c'était un devoir pour moi d'avoir une belle peau. Quand j'ai eu de la rosacée, la première réfléxion que je me suis faite c'est "que vont penser les gens" et "je n'aurai plus jamais de compliments."
    N'étant pas sûre de moi de base, ne plus pouvoir compter sur ma peau a été comme une trahison de mon corps.
    Comme toi aussi, j'en ai pleuré.
    Et puis, suite à une extraction des dents de sagesse difficile (où j'ai été ultra gonflée pendant presque 3 semaines), j'ai arrêté de me regarder dans un miroir, de me maquiller, et aussi, de me démaquiller. J'étais concentrée sur mon rétablissement, pas sur ma peau.
    Au bout de 3 semaines, ma peau s'était complètement faite oublier. Beaucoup moins de picotements, de chaleur sur les joues...
    C'est là que je me suis dit : si je l'oublie, la rosacée semble m'oublier aussi un peu.
    Depuis j'ai décidé de ne plus me scruter. J'ai arrêté d'emporter mon miroir au bureau, je ne me remaquille pas pendant la journée.
    Et ça fait un bien fou...
    J'ai décidé également d'opter pour le laser : apparemment c'est la seule chose qui calmerait vraiment la rosacée

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