mercredi 9 novembre 2011

5 détails énervants dans les pubs pour les cosmétiques

Comme tu le sais, je suis une adepte des magazines féminins. J'en avais d'ailleurs parlé dans ce billet. Je les lis, je les dévore même, telle une boulimique que je ne suis pas. Mais je ne sais pas si tu l'as remarqué, au moins 1/3 des pages est constitué de pubs (d'où la rapidité avec laquelle j'engouffre un numéro), pour le plaisir de certaines, pour le malheur des autres.

Ah ça oui, on en a des publicités dans les magazines. Et pour tout et n'importe-quoi d'ailleurs.
C'est simple, dans le dernier numéro de Be, par exemple, j'ai eu droit à une superbe pub pour Danse avec les Stars, suivie de près par un communiqué pour une télé-réalité avec Vincent Mc Doom (je n'aurais jamais imaginé parler de lui un jour sur mon blog, glourps !).

Dans Grazia on ne fait guère mieux. Il y a la pub pour le Martini, été comme hiver (à croire que c'est définitivement un alcool de filles - attention, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé). Il y aussi toutes les semaines le publi-reportage sur la Samsung Galaxy Tab (car la fille est une geek) et - le meilleur pour la fin - la pub pour notre station de radio préférée : Chéri FM (car la fille est romantique).


Bon, heureusement, à part tout ça il y a les 43 pages de pubs pour des marques de fringues, de maroquinerie et de bijoux qu'on ne pourrait jamais s'offrir dans la vraie vie. Et puis, enfin, on trouve les publicités pour les cosmétiques (maquillage, soins du corps et du visage, parfums).

Et ça, c'est le mal incarné. Ces pubs rusent d'inventivité pour nous attirer dans leurs filets. Elles sont vicieuses, elles sont fourbes. Elles m'agacent car elles nous prennent pour des quiches (que nous sommes). Voici donc les 5 détails énervants (comprendre : les 5 façons qui me font tomber dans le panneau) des publicités pour les cosmétiques.

Détail n°1 : Trop de promesses tuent la promesse où l'art de parler pour ne rien dire.
Parce-que nous les filles on veut du rêve mais aussi quelque-chose de sûr, de concret, un produit en béton qui envoie du lourd. Et ça, les publicitaires l'ont bien compris. Ils nous balancent donc des pubs avec promesses à tire-larigot et petit paragraphe explicatif qui nécessite un bac+5 en biologie pour bien saisir de quoi il s'agit. Ça parle de "soin réversif", de "5 irrégularités de textures", d'"uniformité restaurée" et de "système filtrant équilibré". Pas de doute, ce soin visage au nom totalement imprononçable c'est de la bombe, sauf qu'il ne fait rien de plus ou rien de moins qu'un autre (si ce n'est que le mec qui a fait la pub avait son Petit Larousse Illustré grand ouvert). Illustration : publicité pour le soin Skin Vivo Uniformity de Biotherm.

Détail n°2 : Le recours intensif aux statistiques où l'art de consulter un panel de ... 2 ou 3 personnes.
Ben oui, pour prouver que le produit est miraculeux et qu'il va nous plaire à 2000%, les marques se disent que ce serait bien de faire tester à un panel afin de mettre des chiffres attirants sur la pub. Ils se disent que si notre cerveau de fille voit un "99%" de satisfaction ou même un "100% des testeuses souhaitent poursuivre l'utilisation du produit", c'est dans la poche. Sauf que la fille sait lire et que si elle lit les petites lignes, elle découvre que le panel n'était en fait constitué que de 21 personnes. Un peu léger. Illustration : publicité pour les soins Force Hydra Premium de Topicrem.

Détail n°3 : Le maniement de l'astérisque où la volonté de nous faire lire des choses totalement inintéressantes en caractère taille 6.
Je suppose que ce doit être un truc légal (puisque c'est débile) mais je ne sais pas si tu as remarqué, tous les termes anglophones sont systématiquement marqués d'un astérisque (*) pour nous renvoyer on ne sait où dans page, afin de trouver sa traduction française. Une bonne idée ? Sauf que si c'est pour nous traduire "Yes" et "No", on se demande si on ne nous prend pas pour des dindes. Idem pour la phrase : "Après les carottes* qui nourrissent..." où "*" renvoie à "extraits". Non sans blague, j'aurai cru trouver une carotte entière dans ma crème de jour pardi ! Et le pompon, ça reste le vrai jeu de pistes avec les combinaisons "*", "**" et "***" où là, il faut chercher sur toute la page (reliure incluse) pour trouver la minuscule signification (inutile) du terme apostillé. Trop fun**** ! (**** : drôle). Illustration : publicité pour Yes to Blueberries par Sephora.

Détail n°4 : La mention de la teinte que porte Micheline où l'art de nous faire croire qu'on va être aussi canon que Micheline.
C'est un grand classique pour les marques de cosmétiques qui ont le luxe de pouvoir s'offrir de superbes égéries qui nous font baver. Pour les pubs de maquillage en général, et de fond de teint en particulier, il n'est donc pas rare de retrouver la mention "Micheline porte la teinte n° machin.". Et là, les publicitaires s'imaginent qu'on va craquer notre slip en voyant que tel produit donne tel résultat sur une bombasse. Et puis, c'est valorisant de se dire qu'on va porter le même fond de teint que Micheline. Sauf que voilà, ce qu'on ne nous dit pas, c'est que non seulement Micheline porte la "teinte n° machin", mais en plus elle porte la teinte Photoshop. Et celle-là, elle n'est pas fournie dans le flacon, ni mentionnée avec un "*". Illustration : publicité pour le Teint Accord Parfait de L'Oréal.

Détail n°5 : La publicité-dissertation de philo où le souhait de nous valoriser en nous prouvant qu'on sait lire.
Dernière tendance chez les publicitaires pour les marques de cosmétiques, et pas des moindres. Le pavé de 2 pages avec introduction, parties, sous-parties et conclusion. Ce n'est plus une publicité mais une dissert'. Fini le communiqué succinct avec photo et nom du produit, là c'est l'envolée lyrique, le reportage sur le terrain, du journalisme pur et dur. Le publicitaire souhaite par là-même gonfler notre ego. Il veut nous montrer qu'il sait que nous savons lire (malin), il veut nous prouver qu'il sait qu'on est cultivées (astucieux). Sauf que voilà, se taper tout l'historique de la marque, puis la vie du petit laborantin qui a travaillé dur à la conception du produit, pour pouvoir enfin comprendre de quel produit il s'agit (un sérum) et à quoi il sert (anti-rides), c'est plutôt fastidieux et soporifique à souhait. Moi, je dis tout ça en 1 phrase : "Innovation sérum anti-rides qui coûte une blinde.". Illustration : Sérum Super Correcteur Bio-Performance de Shiseido.
"C'est un beau roman, c'est une belle histoire..."


Bon, je le concède, je suis plutôt mauvaise langue sur ce coup là et j'ai sans doute très peu grossi le trait sur certains points. Mais c'est un peu ma revanche.
Car en fait, ce qui m'agace le plus avec les publicités pour les cosmétiques, ce n'est pas tant leurs façons (parfois discutables) de procéder, mais le fait qu'elles fonctionnent à tous les coups sur la dinde qui sommeille en moi...
J'achète, c'est inévitable. Parce-que moi aussi, le fond de teint de Micheline, je le vaux bien.


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